Tome 3 – Résurgence
Chapitre 1 – Scène 4
Sadjinņ convoqué par la Confédération

Je vous invite à venir apprécier quelques extraits en découpage de cette scène irréaliste du roman saga.

Goyamaoïl

Goyamaoïl est l’un des grands régents de la Confédération gaouldilapaness, une organisation interstellaire qui cherche à organiser un regroupement entre toutes les galaxies dans des engagements éxopolitques* et commerciaux.

Éxopolitque : Relations politiques avec des Sociétés venant d’autres planètes.

Pour rappel, chaque chapitre est pourvu de plusieurs scènes, comme dans le principe de la construction des pièces de théâtre.

Sadjinņ « Alors dites-moi très cher, quel est le sujet de cette convocation ? ».
Représentant « Voyez-vous cher Monsieur, je vous avouerais que je n’en connais que la nature. D’après ce qui est formulé en première mesure, comme vous pouvez le lire vous-même, il serait question des cristaux que vous avez découverts, ainsi que l’appréciation dans vos analyses que vous auriez pu en faire, dans vos recherches. ».
Ce dernier semblait être un peu confus. Cela dit, il gardait dans ses allégations une posture affirmative pour appuyer ses mots.
Sadjinņ reprit alors après un léger silence, alors qu’il parcourait la lettre succinctement de son regard vif et aiguisé.
– « Bon d’accord. C’est entendu, ainsi c’est affirmé. Veuillez leur annoncer que je me rendrai comme demandé à leur rencontre. Celle-ci s’effectuera au palais de Gadalreï, je suppose. ».
– « En effet ! Vous pouvez, cela dit, vous y présenter dans la période qui vous convient. Il n’y a pas d’obligation ou de date précise. ».
– « Ah bon !? Comme c’est étrange. ». Le vieux savant n’avait pas l’habitude de telles commodités. « Eh bien, c’est une agréable souplesse que cela. », reprit-il avec ce même étonnement qui l’avait pris, alors qu’il sentait en lui se fondre la retenue qui fait figure de stress.

↓ bien plus tard ↓

Ils arrivèrent enfin à l’entrée d’une des grandes chambres servant à accueillir, par le passé, les émissaires ou les ambassadeurs des autres nations lors de colloques internationaux organisés en ces espaces. Mais ces locaux ne revêtaient plus du tout le contexte de chambres spacieuses et chaleureuses. Elles avaient été arrangées pour servir de base générale à ses hôtes, aux gaouldiques réformateurs de leur galaxie.
Les portes s’ouvrirent, alors que les gardiens s’en étaient allés, à le laisser seul avec cette nouvelle rencontre.
Sans trop d’étonnement, il vit apparaître à l’angle de l’ouverture du centre des deux grandes portes décorées le visage de Goyamaoïl[1], le Grand émissaire de la Confédération Gaouldilapaness qui lui esquissa ce qui devait être un sourire de complaisance. Il n’est pas très évident de bien comprendre les émotions du faciès de ces Êtres aux anthropomorphismes venant d’autres espèces.
– « Eh bien dites-moi ! », s’esclaffa le professeur, « je suis reçu en grande pompe par le Grand régent. ».
Il n’était certes pas étonné, mais ceci le faisait glousser.
– « Enfin vous voilà ! On m’a averti de votre arrivée. Veuillez entrer je vous prie, et prenez place à vos aises. Nous n’en aurons pas pour longtemps, je vous rassure. ».

Le régent s’écarta pour laisser le passage au professeur, qui avait tout de même les yeux écarquillés devant la beauté de cet endroit. La joliesse des œuvres et des décorations qui ornent l’ensemble de ces espaces intérieurs, de ce monument mystique, le fascinait toujours.
Tout en répondant à cette gracieuse invitation, Sadjinņ commença à avancer assez lentement tout en lui répondant, prenant bien le temps de la contemplation.
– « Merci bien mon brave ! Je vois que vous avez largement pris vos marques dans ce monument qui fut, jadis, bien avant votre arrivée, un lieu de plaisance pour les commodités politiques et, certaines fois spirituelles.
Avez-vous eu l’honneur de recevoir le récit de nos anciennes modalités que nous exercions en ce lieu, et sur ces terres ? », questionna-t-il à Goyamaoïl.
– « Nous avons suivi votre civilisation de près durant une longue période, oui, mais il est certes évident que nous ne connaissons pas tous les traits, ou même toutes vos manières de fonctionner avec vos coutumes. ».
– « Pour sûr ! », répondit le savant, étant bien convaincu de ce manquement. « Mais, me direz-vous, nous ne connaissons rien de vos commodités personnelles également. ».

↓ bien plus tard ↓

Goyamaoïl fit un signe du bras en demande d’un service. L’un de ses accompagnants se présenta avec un objet qui avait l’air d’être un pichet peu conventionnel. Il avait l’allure d’une sorte de grosse algue, de celles que l’on connaît, étant formées de petites boules raccordées à la suite les unes des autres par de petites tiges. L’enchevêtrement des boules formait, avec leurs jonctions, une sorte de spirale irrégulière. Et dans chaque petite boule se trouvait une partie du liquide qui se transvasait des unes aux autres dans un mouvement de bascule, objet de la démarche du serveur.
L’accompagnant fit une gestuelle un peu acrobatique, à la façon d’un jongleur, et le liquide se mit à circuler à une vive allure dans les conduits, pour ensuite être déversé dans les verres disposés sur le plateau.
Sadjinņ « C’est amusant ! ».
Une fois chose faite, l’individu repartit sans ne rien dire, laissant traîner l’intrigue derrière lui.
Sadjinņ « Mmmhh…   …moui, d’accord. Alors merci, c’est gentil, j’apprécie. Mais qu’est-ce donc ? ».
Goyamaoïl « Ne vous inquiétez pas très cher convive, nous avons besoin de vos informations, il n’y a pas lieu à malaise ici. ».
Sadjinņ s’affaissa dans le fond du fauteuil, n’accordant aucune expression à ces mots. Il voyait là un engagement maladroit de suspicion d’intimidation grotesque.
Comprenant que la situation lui était inconvenante, et que planait une atmosphère d’inconfort, Goyamaoïl lui exprima juste une volonté de partage.
– « Alors oui, je ne voudrais pas vous mettre en confusion. Ceci est un nectar d’un fruit rare de l’une de nos planètes lointaines. Nous le faisons macérer un peu de la même manière que vous pouvez le faire, avec certains de vos fruits pour en distiller l’alcool. ».
– « Ah oui !? ».
Il se redressa, montrant son intérêt en la chose.
– « Oui, un procédé qui nous rapproche vous et nous. ».
– « D’accord. Et comment se nomme ce fruit ? ».
– « C’est un nom dont le mot fait partie du langage de mon peuple, alors je ne suis pas certain que nous puissions lui trouver une similitude dans votre langage. ».
– « Eh bien, prononcez-moi donc ce mot, je vous dirai ce que je peux en apprécier. ».
– « Très bien, oui, c’est le moïshiouahl, et il a un goût qui se rapproche un peu de votre papaye qu’on aurait mélangée à du citron, accompagné d’un fond de jus de carotte un peu âpre. Ainsi son goût, ou plutôt sa saveur fait penser à certains de vos vins très anciens, en termes de sensation bucco-labiale[2]. ».
– « Étonnant ! Alors oui, vous avez raison, je peux l’affirmer, il nous sera difficile de lui associer un mot de notre langage latispaño.
C’est noté, je retiens. Et si un jour venait où nous avions à partager ce breuvage dans nos communautés, nous lui conserverions ce nom, ou en choisirions un autre. Mais nous pouvons l’enregistrer de la sorte je pense. ».
– « Très bien. Mais vous savez, comme je vous l’ai dit, c’est un mets assez rare.
Bien. À présent, permettez-moi de vous le faire déguster, afin que je puisse partager avec vous l’une de nos traditions. ».


[1] Goyamaoïl : Se prononce goya-ma-o-iye-le, comme la prononciation d’huile en anglais, oil.

[2] Bucco-labial : Qui a rapport à la bouche et aux lèvres.

Merci pour votre lecture cet article. 😊

Sachez que le Tome 3 de la saga sortira sous peu, courant février ou début mars.

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