Tome 1 – Chapitre VI
La permanence de la pertinence
Scène 3
– Elles se dévoilent sur la plage –

En milieu de semaine, Sadjinņ avait dû partir se rendre à une réunion importante, d’après ce qu’il avait dit à Maëlys.
Les deux nouvelles complices en profitèrent alors pour aller sur la plage, pour s’enivrer de la pureté de la nature en faisant disparaitre toutes sortes de tissus de leurs corps. On aurait dit deux déesses qui pataugeaient dans les légères vagues de l’Océan. Elles riaient comme deux fillettes qui étaient entièrement dans l’insouciance, appréciant la joie de vivre et la beauté de l’instant. Elles se promenèrent ainsi dévêtues le long de la plage, s’enfoncèrent dans les parties boisées du domaine de leur propriété, prenant plaisir à sentir la terre sous leurs pieds envahis par les frissons de sa fraicheur, dont des vibrations les faisaient palpiter.
Elles se déposèrent sur une étendue d’herbe fraiche et sèche, qui se trouvait sur un lit ensoleillé au beau milieu de cette petite forêt, dans une parcelle ressemblant à une petite prairie, remplis de quelques fleurs dont s’abreuvaient une poigner de papillons très colorés, et elles se mirent à partager leurs sentiments, de ce qui traversent leur chair.
Maëlys « L’union des corps t’inspire quoi Mignônie. ».
- « Mmmhh !! Très bonne question. ».
Mignônie ne s’attendait pas à une telle demande.
- « J’avoue que cela m’inspire beaucoup. Lorsque je croise un homme qui éveil en moi mes magnéromonelles*, alors je sens qu’un contact peut s’entreprendre, et je laisse volontiers la communication se faire dans ce flux. Mais à dire franchement, je ne dépasse pas la barrière de la distance et des coquineries de ces élans. ».
*Magnéromonelles : Ce sont le magnétisme lié aux phéromones femelles, c'est l'expression des effluves d'énergies qui communiquent avec les autres corps.
Maëlys « Tu n’éprouves alors pas le désir de partager des instants charnels et échauffés avec un homme ? ».
- « Si bien sûr, je sens que certaines fois ça me pousse en avant, mais je ne vais jamais aller engager les hostilités, ou même pousser l’autre à les engager, en me mettant en position de réception. J’ai même tendance plutôt à renvoyer une charge répulsive juste pour ne pas se laisser s’engager une telle chose. ».
Maëlys la regarda d’un air étonné, avec une mine sobre et douce. On pouvait apprécier l’excellence de sa beauté sous les rayons du soleil. Et elle appréciait à se contempler ainsi dans le reflet des yeux de Mignônie, colorés d’un ambre aussi radieux que l’œil du tigre des joailleries. Elle avait bien perçu que Mignônie appréciait sa beauté, mais elle aussi était en admiration devant la merveille que représentait cette femme dans son plus simple appareil. Toutes deux avaient su se libérer en même temps que de se complaire à s’offrir en spectacle à l’autre, se mettre à nue et ouverte dans le partage.
- « Tu veux me dire que tu es vierge ? », demanda Maëlys.
- « Ooh non pas le moins du monde. J’ai déjà eu des aventures. J’ai même vécu avec un homme charmant. Mais cette relation m’a déstabilisé, car j’avais le sentiment de ne plus être moi-même. C’était comme si cet homme avait pris le contrôle sur moi, ou exerçait une certaine forme d’emprise. ».
- « Ah je vois. C’était un pervers narcissique non ? ».
- « Oh non, pas du tout en fait. Je m’en suis rendu compte plus tard qu’il ne pouvait s’agir de cela. C’est simplement que ce que je recevais de lui, en vibration d’amour, était tellement surpuissant, que ça me donnait la sensation d’être sous l’emprise de quelque chose que je ne comprenais pas. Mais il n’y avait pas d’emprise, juste un amour très fort que je transformais dans mes ressentis. J’avais l’impression en finalité qu’il exercé une pression dans les énergies sur moi, une chose enfermante, mais c’est juste que je n’ai pas su lire ces énergies, car je ne les connaissais pas encore bien. C’était tellement puissant et déstabilisant à la fois. ».
- « Je vois. ».
- « Cet homme m’a offert beaucoup. Mais je l’ai quitté à cause de cette forme d’oppression que je sentais. Mais vue que j’étais totalement immature dans la compréhension de ce qui se jouait entre nous, je me suis éloignée très loin de lui pour qu’il ne me retrouve pas. J’avais peur qu’il ne se mette à me poursuive pour me reprendre. Mais Sagnour* que j’ai été sotte. Il était dans la légèreté la plus complète, et m’a laissé partir en toute liberté, avec le même amour que celui avec lequel il m’avait accueilli à notre rencontre. Alors oui j’ai commis cette erreur de créer la rupture. Cette aventure n’a pas durée très longtemps, mais cela a suffi pour que je comprenne une chose importante. C’est que, en grande majorité du temps on agit trop à la hâte, par impulsion, et on ne cherche pas à prendre assez de recul, d’acquérir la patience, et surtout la pertinence dans l’observation de ce qui se joue autour de nous, et dans notre corps. ».
- « Oui je suis d’accord avec ça. C’est ce qui a beaucoup manqué à mon patrite* durant la grande majorité de sa vie, la patience et la pertinence de l’observation », fit Maëlys en ricanant.
*Sagnour : C’est sa Seigneurie amour, ou ce qu'on appelle dieu sur terre.
*Patrite : C’est le nom de père sur cette planète.
Mignônie lui sourit, puis elle fit mine de partir dans ses songes.
Maëlys « Mais alors, tu as vécu quelque chose d’assez fort avec lui pour peut-être revenir à cela non ? Tu ne songes pas retourner le voir, pour engager à nouveau une relation ? Comment a-t-il ressenti ton rejet vis-à-vis de cela ? ».
- « Tu sais oui, je pense qu’une chose pourrait reprendre forme. J’ai été déçue de moi d’avoir agis à la hâte. Je n’avais pas compris, et pris cela pour une répulsion de moi envers lui. Ça m’avait créée une sorte de peur, d’angoisse. Mais en réalité, il m’a laissé toute ma liberté pendant que nous étions ensemble, et nos ébats étaient toujours très puissants pour moi. Je n’avais jamais ressenti une telle extase en moi. », finit-elle avec un éclat dans les yeux.
- « Ahah je vois qu’il t’a levé le palpitant. », répliqua Maëlys d’un air taquin.
Mignônie se mit à rougir, la regarda avec des yeux de malices, puis répondit.
- « Oui ! Mmmhh c’était merveilleux.
Et toi, tu as vécu un grand amour, quelque chose qui ébranle tout le corps et fait perdre la tête ? ».
- « Oh que oui ! Mais je pense que je te raconterais cela plus tard, car c’est un peu long. Et nous n’allons pas tarder à rentrer, car Sadjinņ va revenir, et il est possible qu’il nous cherche. Je pense qu’il est préférable qu’il ne nous trouve pas ainsi. Non pas qu’il serait choqué, mais par respect pour lui, ça ne serait pas convenable. ».
- « Oui tu as raison. Et surtout je n’ai pas trop envie qu’on me voit ainsi. Avec toi j’ai pu me libérer car c’est autre chose. Je te remercie de cet élan d’ailleurs, car ça m’a fait super du bien de pouvoir m’alléger de la sorte. Ça m’était déjà arrivé de le faire seule, mais jamais en compagnie d’une autre personne, pas même d’un homme. ».
Elles se levèrent et retournèrent vers la plage pour retrouver leurs affaires. Puis elles rentrèrent dans le manoir pour préparer le soupé. Très peu de mots se mettaient en mouvement dans les airs lorsqu’elles se mouvaient. On aurait dit qu’elles flottaient dans l’existence, comme des vagues aériennes qui ne font que suivre le cours de la vie.
Rentrant à l’intérieur Maëlys lui demanda.
- « Et aujourd’hui, tu sais percevoir cette force d’amour et lire les formes qu’elle prend en toi, si elle te traverse ? ».
- « Oui, mais ça reste léger. Je pense que j’ai besoin encore d’écouter en moi lorsque ça arrive. Mais mon compagnon lui sentait en permanence cela. Il avait certaines fois des courants tellement puissants, que cela lui procurait des extases du cœur. Il avait comme des jouissances, c’était un peu perturbant. Surtout qu’il n’a jamais fait cela avec moi dans nos ébats. ».
- « Ah oui quand même !
Moi je dois être comme toi je pense, je ressens quelques trucs furtifs, mais rien de bien virulent. Ça fait comme des petites vagues, mais je n’en suis pas à avoir des extases comme ton ancien compagnon. », lui fit-elle avec un sourire en coin.
- « Il m’avait expliqué tout cela mais, tu vois, je n’avais pas écouté attentivement ce qu’il me disait. Et c’est pour ça que je n’ai pas compris que ce que je ressentais ne venait pas de lui, de son mental ses désirs ou une forme de pression qu’il aurait pu induire sur moi. Mais ça venait tout simplement de cette influence des pulsations d’énergies qui passaient en lui, et qui irradiaient autour de lui, que je sentais m’être perturbantes, et qui a fait que j’ai alors créé une forme de répulsion en moi.
Que c’est idiot. On a vraiment l’air stupide des fois lorsqu’on croit comprendre et que, en finalité, on ne comprend rien, car on n’a pas la connaissance de ce qu'il se passe exactement. ».
- « Eh oui, je suis bien d’accord. Ça me donne envie de le rencontrer ton ex. ».
- « Alors là, je ne saurais te dire si c’est possible, car il a disparu de mon horizon. ».
Sadjinņ rentra de son rendez-vous d’un air satisfait et entonna.
- « Alors les filles, ce repas, est-il prêt !? ».
Mignônie répondit « Bien sûr que non mon seigneur ! Si votre altesse daigne venir poser son petit cul excité sur le sofa, qu’on lui déverse sur le museau une tasse de thé tiède, pour le faire patienter quelques instants, histoire qu’il fasse redescendre la fièvre de sa fougueuse jeunesse. ».
Sadjinņ bloqua en regardant Mignônie, un espace de silence se fit sentir, puis il se mit à éclater de rire.
Sadjinņ « Ah mais vous avez une sacrée poigne ma chère, j’adore ! Vous faites une fameuse hôtesse d’accueil, on est vite rembarré avec vous, ahahah ! ».
Maëlys, postée à la cuisine ouverte sur le salon, appréciait beaucoup le spectacle, ne disait mot, mais souriait de les voir jouer leur pièce. Elle se voyait dans la même position que Mignônie, à tenir le même rôle, ça la faisait doucement sourire au fond d’elle.
Ils commencèrent à manger, et la discussion se tourna sur le proche départ de Mignônie. Sadjinņ exposa également que ce rendez-vous qu’il avait eu ce jour, était accès sur ce qu’il avait laissé en suspend avant de partir à la Conjonctio Veri*.
*Conjonctio Veri : La conjonction de la vérité, une réunion de savants et d'archéologues du monde entier.
Sadjinņ « Vous pensez que vous pourriez vous libérer encore un peu pour nous accompagner, ou même nous rejoindre sur notre base de recherche ? ».
Mignônie « Euh ! C’est une bonne question. Pourquoi ? Vous voulez me montrer quelque chose ? ».
- « Il se pourrait que oui. Je pense que vous aimeriez certainement découvrir une partie de notre travail avec Maël. ».
- « Ah oui c’est évident. ».
- « Alors si vous en avez la possibilité dans votre emploi du temps, vous pourriez vous libérer pour nous accompagner au Machu Picchu. ».
- « Waouw ! Mais avec plaisir. Alors là oui, un immense plaisir. ».
- « Alors envisageons-le », fit Sadjinņ d’un air satisfait.
- « Il m’attend certainement une bonne charge de travail avec ces deux semaines que j’ai passées avec vous. Alors je verrais lorsque je pourrais m’en libérer.
Vous restez sur une courte période dans cette région ? ».
Maëlys « Oh que oui, tu as le temps de venir nous y rejoindre. Je pense qu’au prochain bieclos* on aura fini, mais jusqu’à la fin de celui-ci il est certain que nous y serons encore. ».
- « Parfait alors, ça me laisse le temps de traiter quelques affaires dans l’ambassade et au-delà. ».
*Bieclos : C’est un cycle solaire sur cette sphère de vie, à l'image des années sur notre planète.
La fin du séjour de Mignônie était venue, et elle repartit dans son pays pour clarifier quelques termes au sein de son ambassade. Elle prit le temps de régler alors quelques affaires courantes, puis, 6 mois plus tard, en septembre, elle put agencer du temps libre assez convenablement, et se lança avec beaucoup de plaisir à rejoindre Maëlys et Sadjinņ à Lima, une magnifique ville du Pérou.
Ils prirent le temps et une grande joie à lui faire visiter la ville de Lima, avec ses magnifiques esplanades vertes et ses resplendissantes corniche à la couleur de l’ocre doré.
Fin de l'extrait de ces deux plantes délicates. Merci de m'avoir lu. 😊
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